La villa gallo-romaine de Roullée/La Selle (Mont-Saint-Jean, Sarthe) est mentionnée pour la première fois en 1844. Elle fait alors l’objet d’une fouille par le propriétaire des terrains de la ferme de Roullée. Des fouilles postérieures ont dû avoir lieu mais nous n’en conservons aucun compte-rendu. De nouvelles recherches sur ce site ont été initiées en 2008 à la suite d’un travail universitaire consacré à la zone de production de fer antique abritée par la forêt de Sillé, située immédiatement au sud de la villa.

A la suite d’une prospection géophysique, des sondages ont été réalisés en 2009. Ces derniers ont permis de vérifier la bonne conservation générale des structures et de valider leur datation. Deux programmes triennaux (2010-2012 puis 2013-2015) ont suivi et ont permis de renouveler en profondeur l’état des connaissances sur le site. En l’état des découvertes, la villa de Roullée/La Selle compte seize unités bâties réparties sur 2,7 ha. Trois ensembles peuvent être distingués : au centre, la résidence barre la vallée du ruisseau de Roullée dans laquelle l’établissement est installé ; au nord-ouest de la pars urbana se développe la cour des communs encadrée par deux paires de bâtiments liés aux productions du domaine ; enfin, au sud-est de la partie résidentielle, une construction maçonnée a récemment été détectée : sa fonction n’est pas établie.

Depuis 2014, les efforts portent sur la partie orientale de la partie agricole de l’établissement. L’exploration de ce secteur est intégrée à un projet qui s’achèvera en 2018. La campagne de 2016 a permis d’exhumer la totalité du bâtiment 14. Ce dernier est édifié vers le milieu du Ier siècle ap. J.-C. Il adopte le plan d’une grange plurifonctionnelle à pavillons d’angle mais se distingue néanmoins par sa taille peu habituelle (20,30 m sur 15,35 m) et par la disposition de sa salle principale en longueur. Ce vaste espace de 215 m² ne conserve aucune trace de refend ou de support intermédiaire de charpente. Il devait servir au stockage du matériel et des productions de l’établissement. Cette première construction est rasée au début du IIe siècle (entre 110 et 125). Un nouveau bâtiment de plan similaire est alors construit plus à l’est : le bâtiment 12.

Parallèlement, une fenêtre a été ouverte sur une zone de résidus métallurgiques détectée en 2014. Elle a permis de démontrer que ces derniers étaient associés à une construction sur solins dont le plan est encore mal connu : le bâtiment 13. La présence majoritaire de déchets de mise en forme du fer (post-réduction) et leur grande quantité (près de 250 kg) incitent à voir ici les vestiges de l’atelier de forge de la villa. L’exploration extensive de ce secteur est prévue en 2017.